Jacques Marouani , Electronique International, le 28/05/2009 à 12h29

''C'est une crise extrêmement brutale dont l'ampleur atteint un niveau que nous n'avions jamais vécu auparavant. En termes de prise de commandes, l'automobile a subi, en ce début d'année, une baisse de 40%, les télécoms ont enregistré une chute de 15%, les secteurs de la sécurité, de la Défense et du spatial sont proches d'une croissance nulle. Ainsi, globalement, l'ensemble des entreprises de la Fieec doivent faire face à une baisse de 15% à 20% de leur activité'', a précisé Pierre Gattaz, le président de la Fédération des industries électriques, électroniques et de communication, en ouverture des débats des Assises qui se sont tenues hier soir, à Paris.

''Nous sommes encore en plein dans la crise et cette crise est vraiment très dure'', a-t-il martelé, venant ainsi anéantir les espoirs d'une reprise rapide que certains indicateurs nous permettaient pourtant d'envisager. ''Si nous continuons sur la même tendance dans les mois qui viennent, il nous faudra prendre des mesures encore plus drastiques que celles que nous avons déjà prises'', a-t-il expliqué. ''Certains économistes, dont l'institut Réxécode, tablent sur une reprise avant la fin de l'année, mais rappelons-nous que les précédentes crises, celles de 1993 et 2001, ont duré de l'ordre d'un an et demi. Nous devons nous préparer dès à présent à la sortie de crise. Notre problème en France,à la différence des Etats-Unis, est que nous ne savons pas réembaucher après une crise de cette ampleur en réfléchissant aux besoins du futur. Si nous ne faisons pas cette réflexion, nous risquons de voir nos marchés partir de France et de ne plus travailler qu'avec des équipes indiennes, mexicaines et chinoises, en allant sur les marchés où nos grands comptes seront partis''. ''Le gouvernement a décidé d'investir dans le numérique, mais allons-nous acheter des équipements Cisco ou alors recréer une filière des télécoms forte ? Nous avons des écoles prestigieuses. Il nous faut réussir à faire rêver nos jeunes ingénieurs. Nous avons besoin de compétences en matériel pour appliquer le plan numérique. Si nous ne faisons pas cela, nous ne recréerons pas d'emplois en France'', a alerté Pierre Gattaz.